Du nouveau au rayon soins: la cosmétique cellulaire

Depuis quelques temps, on entend beaucoup parler d’ADN, de cellules souches, de glycanes pour les produits de beauté. Mais de quoi parle-t-on exactement? Si les marques avancent un certain nombre de produits avec cet énoncé, les scientifiques sont beaucoup plus sceptiques.

Cosmétique cellulaire: seulement du marketing ou réelle avancée?

Les laboratoires des géants de l’industrie cosmétique ne sont pas là que pour trouver comment produire le prochain rouge à lèvre ou le nouveau fond de teint à la mode. Ils ont surtout un département Recherche et Développement qui tend à trouver les meilleures molécules et leur application concrète sur le vivant. Depuis quelques années, ce sont surtout les cellules souches, qui ont la capacité de se multiplier et de se régénérer tout au long de la vie qui sont au cœur de leurs recherches. Théoriquement, au sein de l’organisme, elles remplacent les cellules endommagées, lésées en cas de besoin. Toutefois, au fil du temps, la capacité énergétique des cellules souches diminue et le renouvellement n’est plus aussi optimal. L’idée de la cosmétique cellulaire va alors être de revitaliser les «vieilles» cellules, fatiguées et stressées, en les mettant en contact avec des cellules plus «jeunes».

En théorie, les cellules souches adultes se révèlent particulièrement intéressantes. Si elles offrent certes moins de possibilités que les cellules souches embryonnaires, elles sont tout de même capables d’assurer le bon état de leur tissu d’origine et, au besoin, son renouvellement. On en trouve notamment dans le foie, les muscles, la peau. Cependant, l’emploi de cellule humaine n’est pas autorisé en Europe. Il n’y a donc pas de véritable cosmétique qui en contiennent.

Quelles actions peut-on attendre d’elles pour la peau?

Les recherches sur les relations entre les cellules souches et le vieillissement ne sont pas encore assez abouties pour qu’on le sache et, surtout, pour sortir un produit cosmétique. Les cellules souches, dans un an, on n’en parlera plus. Mais, dans cinq ans, on en reparlera car, là, on en saura plus. En l’état actuel des connaissances, on ne sait pas si c’est la solution d’avenir en matière d’anti-âge. Selon les chercheurs, avant de se lancer dans des domaines peu connus, exploitons à fond ce que l’on maîtrise. Les publications scientifiques tendent à montrer que le nombre de cellules souches décroît avec l’âge: on en aurait en moyenne dix fois moins à 60 ans qu’au début de la vie. Pour être efficace, on doit donc agir beaucoup plus tôt.  

L’idée d’une crème antirides par exemple serait de garder la peau dans un état de santé optimal pour qu’elle puisse maintenir son capital de cellules souches. Préserver l’intégrité des «niches» dans lesquelles elles vivent et qui les protègent est la stratégie à adopter. Mais il reste à passer du concept à la réalité, à mieux comprendre de quoi sont faites ces niches et de quelle manière elles se modifient au cours du vieillissement.

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