Complémentaire santé: nos conseils si vous souhaitez changer de contrat

Votre mutuelle, comme n’importe quel contrat d’assurance, se renouvelle automatiquement, chaque année «par tacite reconduction». Autrement dit, tant que vous ne la renégociez pas, elle se poursuit. Cependant, il faut être sûr qu’elle vous convient toujours. Surtout si vous changez de situation, par exemple, avec un départ à la retraite. Alors qu’il peut être très conséquent dans nos finances, c’est l’un des contrats qui a le plus de conséquences en cas d’accident de la vie et pourtant c’est celui que nous connaissons le moins dans le détail.

Julien Fillaud, directeur général du comparateur Hyperassur, expliquait que «changer de contrat tous les trois ans permet de faire des économies sur sa cotisation de 20 % en moyenne». Une mutuelle santé contient plusieurs clauses dont le rôle est de détailler les différentes prises en charge, prévues en complément des remboursements de la Sécurité sociale. Nous allons détailler ici ce que vous pouvez renégocier si les conditions ne vous correspondent plus.

1. Avant toutes choses, énumérez vos besoins

Essayez d’abord de mettre au clair vos besoins d’assurance santé pour les prochains mois ou la prochaine année si vous voulez renégocier votre mutuelle pour baisser un peu son prix. Par exemple : vous avez plutôt une bonne vue et/ou de bonnes dents, nul besoin d’une prise en charge renforcée, le minimum doit vous suffire. Vous n’aimez pas les médecines douces et votre mutuelle les rembourse. Vous pouvez négocier de supprimer cette prise en charge au profit d’une autre dont vous aurez peut-être besoin, comme les cures.

2. Connaître les prises en charge minimale

De nos jours, près de 95 % des mutuelles sont dites «responsables», c’est-à-dire qu’elles ne fixent pas le montant de leurs cotisations en fonction de l’état de santé des assurés et qu’elles assurent une couverture minimale. Il y a quatre points essentiels à connaître:

La prise en charge de l’intégralité du ticket modérateur sur les consultations chez le médecin généraliste et les médecins spécialistes, les médicaments remboursés jusqu’à 65% par l’Assurance maladie et les analyses en laboratoire.

La prise en charge de la totalité du forfait journalier hospitalier, sans limite de durée dans tous les établissements de santé (hôpital, clinique, établissement psychiatrique), excepté les établissements médico-sociaux comme les Ehpad.

Le remboursement des frais dentaires (prothèses et orthodontie) à hauteur de 125 % du tarif conventionnel fixé par l’Assurance maladie.

Le remboursement à 100 % d’une sélection de lunettes respectant un prix de vente limité, par période de deux ans ou chaque année en cas d’évolution de la vue, avec un minimum de prise en charge fixé à 100 € pour une correction simple.

3. Les éléments de négociation

– Les exclusions de garanties : certains soins sont exclus des assurances santé comme la thalassothérapie, la chirurgie esthétique, les cures de désintoxication, certaines médecines alternatives. Si votre mutuelle propose de les rembourser, comme l’homéopathie, l’ostéopathie ou l’aide à l’arrêt du tabac, la cotisation est forcément plus élevée.

– Les délais de carence avant qu’une prise en charge ne fonctionne ou ne se réenclenche dans l’année. Exemple : le remboursement des lunettes ou des cures. Une fois par an suffit peut-être si cela réduit le montant de votre cotisation annuelle.

– Les niveaux de remboursement : 100 % ou 150 % du TM (ticket modérateur) c’est-à-dire le reste à charge final pour vous ; ou encore 200 % du TC (tarif conventionnel), appelé aussi BR ou BRSS, base de remboursement de la Sécurité sociale. Moins la prise en charge est élevée, moins la cotisation doit être chère.

4. Votre décision est prise: vous changez de mutuelles

Si la négociation a échoué, il faudra songer à changer d’assureur, tout simplement. Pour vous aider dans vos démarches, vous pouvez utiliser un comparateur en ligne et demandez des devis. La procédure est rappelée sur votre avis d’échéance: il précise la date à laquelle vous devez demander la résiliation. En général, il s’agit de la date anniversaire de votre souscription ou le premier d’un autre mois:

– Si l’avis d’échéance arrive moins de quinze jours avant cette date ou après, vous avez vingt jours pour résilier votre mutuelle par courrier recommandé avec accusé de réception.

– Si vous ne recevez pas d’avis d’échéance, vous pouvez résilier à tout moment et la résiliation prendra effet le lendemain.

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