Qu’on ait un capital ou 100€ par mois, où placer son argent selon son profil!

On n’épargne pas les mêmes montants de la même façon selon son âge, son niveau de revenu et ses projets. Quels placements privilégier au fil de sa vie ? Quelles stratégies adopter ? Réponses avec Alix de Renty, banquier privé et cofondatrice de The Ladies Bank by ODDO BHF.

En début de carrière

Dès ses premiers salaires, la bonne habitude à prendre est de suivre son budget pour connaître le montant dont on dispose en dehors de ses charges. «On pioche dans cette enveloppe de quoi financer nos projets : les vacances de l’été prochain, peut-être une voiture dans trois ans et un logement dans cinq», explique Alix de Renty. Mais où placer ces économies ? «Le rendement augmente avec le risque.

Or, on ne prend pas de risque avec de l’argent dont on a besoin d’ici à deux ans, souligne Alix de Renty. Misons plutôt sur les livrets A et LDDS, plafonnés à 22 950 et 12 000 €, avec un taux d’intérêt à 1 %.» Le plan d’épargne-retraite (PER) est aussi une très bonne piste, dès le début de sa carrière, car on bénéficie d’avantages fiscaux, donc d’économies immédiates, sur l’argent qu’on y place. Enfin, acheter son logement reste une priorité, quitte à franchir le périphérique pour revendre et acquérir plus proche, ou plus grand, quelques années plus tard», encourage Alix de Renty.

À 40 ans

Entre-temps, votre carrière aura accéléré, vous aurez peut-être fondé une famille et déjà économisé de quoi financer les études de vos enfants, au moins en partie. «Voilà le moment de se projeter à long terme, de placer de l’argent dont on n’aura pas besoin avant au moins huit ans.» Soit la durée d’immobilisation de l’épargne pour la plupart des divers placements rémunérateurs. On peut investir dans des entreprises, cotées en Bourse ou non – on parle alors de private equity – via sa banque de détail, un fonds d’investissement ou un gestionnaire d’actifs. D’autres, plus avertis, financent directement l’entreprise d’un proche, par exemple.

Concrètement, il s’agit d’ouvrir un plan d’épargne en actions – cotées ou non – sur lequel on peut placer jusqu’à 150 000 € par personne, qui doivent représenter 25 % du capital de la société, maximum. «Si l’on retire son argent après cinq ans, on ne paie que les prélèvements sociaux, de 17,2 %, sur les produits générés au sein du PEA, précise Alix de Renty. Ce type d’investissement peut très bien fonctionner mais présente un risque élevé. Mieux vaut très bien connaître le fondateur et son secteur d’activité.» Autre option : placer son argent via des plateformes de finance participative. Agréées par l’Autorité des marchés financiers, elles proposent un accompagnement pour bien choisir ses investissements, selon ses moyens, son goût du risque et ses domaines d’intérêt. En la matière, Miimosa, spécialisée dans l’agriculture, Lendosphère, dans les énergies renouvelables, et Lita.co, qui finance tous types de secteurs, font figure de référence.

Autre possibilité, l’une des favorites des Français : l’assurance-vie. «L’argent placé reste accessible et, tant qu’on achète et vend à l’intérieur de son contrat, sans retirer ses fonds, on ne paie pas d’impôts, explique Alix de Renty. On appelle cela le principe de capitalisation.» Même lorsqu’on retire de l’argent – chaque année après sa retraite, par exemple – la fiscalité est réduite, dégressive et doublée d’abattements importants. Le tout, à condition d’avoir attendu au moins huit ans pour toucher son argent – ceux qui auront besoin de liquidités plus tôt privilégieront un compte-titres, plus accessible. «L’assurance-vie est vraiment conçue pour offrir un complément de revenus après la fin de sa carrière», insiste Alix de Renty.

Si vous êtes entrepreneur

«Lorsqu’on dirige une entreprise, la clé est la même que lorsqu’on se marie : prévoir le dénouement.» Dans un cas, cela implique de parler d’argent avec son conjoint, de gérer son budget de façon équitable, voire d’anticiper une éventuelle séparation. Dans l’autre, il s’agit de bien préparer son pacte d’actionnaires, avec un avocat, pour prévoir tous les scenarii. Que se passe-t-il si un associé s’en va ? S’il décède ? À quoi auront droit son conjoint et ses enfants ? «Plus on anticipe ces situations, moins elles tourneront au drame le moment venu», encourage Alix de Renty.

L’autre enjeu réside dans la structuration de ses patrimoines professionnel et personnel. «On peut détenir son entreprise directement, ou bien via une holding, ou encore dans un plan d’épargne en actions, si l’on détient moins de 25 % du capital.» De cela dépend la fiscalité qui nous incombe lors de la cession. Percevoir une partie de la somme directement et une autre, via une holding, permet de bénéficier d’une fiscalité réduite. «La holding peut devenir une sorte de tirelire pour réinvestir ailleurs ou créer un fonds de dotation, par exemple.

En fin de carrière

Voilà un autre chantier à anticiper : l’héritage. Là aussi, le dialogue est primordial pour répartir son patrimoine selon les besoins de ses enfants et petits-enfants. On peut commencer à le faire de son vivant, par des donations ou en confiant la nue-propriété de ses biens immobiliers, par exemple. «Mais attention à ne pas se démunir non plus, avertit Alix de Renty, au risque de manquer de fonds pour financer sa propre retraite.»

La plupart des épargnants piocheront dans leur assurance-vie, une fois par an, pour compléter leur pension mensuelle. «Attention, toutefois : on ne peut plus prendre les mêmes risques à 60 ans, lorsqu’on a besoin de cet argent, que lorsqu’on l’a placé vingt ans plus tôt, explique Alix de Renty. Je conseille de prendre rendez-vous avec son courtier ou son gestionnaire pour réajuster son contrat. L’idéal est de diviser son argent en deux, selon qu’on en ait besoin avant ou après cinq ans, et de placer la première partie sur des placements moins risqués que la seconde.» Les sommes placées à long terme financeront, à l’avenir, sa dépendance, qu’il s’agisse de soins à domicile ou d’une résidence. Là aussi, l’anticipation est primordiale pour épargner les fonds nécessaires. Et s’éviter, à soi comme à ses proches, des soucis à venir.

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