Psycho: Quatre conseils pour dépasser les pensées négatives

Il s’agit de trouver les bons outils en soi pour ralentir l’activité du cerveau et éviter tout état de stress ou d’angoisse. Comme le rappelle le Dr David Gourion, psychiatre et docteur en neurosciences, «Le cerveau est une machine configurée pour détecter le danger, il en va de notre survie». Il ajoute «Quand le non-anxieux va basculer d’un sujet à l’autre, comme le chat, capable d’engager et de désengager son attention en une seconde, le vrai anxieux, lui, reste coincé dans son problème. » Pourtant, il nous est parfois impossible de stopper les ruminations par la volonté. Et le yoga, la relaxation, la méditation ou l’auto-hypnose sont des méthodes qui ne conviennent pas à tout le monde. «Il devenait urgent, dans notre contexte anxiogène, d’offrir aux grands stressés, qui n’ont pas toujours accès à un psychiatre ou à un psychologue, des outils validés scientifiquement et/ou basés sur mon expérience».

1. Sortir des mauvais tours que jouent le cerveau

Le problème est qu’on accorde beaucoup trop de crédit au contenu de nos ruminations: «Notre cerveau utilise notre intelligence et notre faculté de persuasion pour nous faire croire que ce que l’on pense ou croit est vrai, avertit David Gourion. Or il faut réaliser qu’il invente en permanence de faux besoins – c’est son côté vendeur de tapis: «Il m’est indispensable de…» –, de faux dangers – son côté assureur malhonnête : «Je dois absolument faire très attention à…»– et de fausses croyances positives – son côté gourou: «M’inquiéter signifie que je serai prêt/ m’aide à faire face” – qui conduisent à d’interminables ruminations pénibles.»

2. Soyez motiver au changement

Trop souvent, les ruminations nous empêchent de mener à bien ce qui est vraiment important pour nous. «Pour arrêter de tourner en rond, il faut le vouloir, est convaincu le psychiatre. Mais la difficulté, c’est que la rumination comporte une dimension addictive: «Quand tout va bien, j’ai besoin de trouver quelque chose d’autre pour rallumer la flamme de mon anxiété», me confiait une patiente. Les thérapies motivationnelles, très efficaces pour ce type de problèmes, évacuent la dialectique de la volonté: au lieu de demander des efforts aux patients, on insiste sur le sens, le sentiment de récompense et la dynamique de progrès, pour faire pencher la balance du côté des avantages à changer de système.»

3. Identifiez clairement votre problèmes

«On a l’impression qu’en s’attardant sur nos soucis, leurs causes et leurs conséquences, on va les solutionner, mais c’est une vue de l’esprit, prévient le Dr David Gourion. Non seulement ruminer ne résout rien et nous fait perdre du temps, mais cela vient réveiller des émotions douloureuses (tristesse, colère, peur, honte…) qui peuvent engendrer des comportements problématiques venant les aggraver. Sans compter que le stress profond qui en découle nous fait souffrir : troubles somatiques, déprime, burn-out…» Quel est alors le bon réflexe? «Surtout, ne pas chercher à fuir ces pensées douloureuses, qui reviendront en boomerang, met en garde le psychiatre. Mieux vaut prendre conscience de l’irruption de ces ruminations dans son espace mental, comparable à un ciel changeant.»

4. Pensez à vos problèmes quand vous le décidez

En effet, nous ne sommes pas obligés de suivre notre cerveau dans ses ruminations et de laisser nos problèmes nous convoquer sans arrêt. «Si un collègue vous appelle tard dans la soirée pour vous demander de lui consacrer deux heures afin de régler un dossier épineux, vous allez le recadrer gentiment en lui proposant d’en parler demain à la première heure, explique le Dr Gourion. Alors pourquoi n’agissons-nous pas ainsi avec notre cerveau? Nous devons rester le capitaine de notre esprit. Si nous ne contrôlons pas nos pensées et nos émotions par la simple volonté, nous pouvons décider, dans une certaine mesure, de l’attention que nous voulons leur accorder, un peu comme si, au lieu d’écouter à fond toutes les mauvaises nouvelles d’une chaîne d’information en continu, nous baissions délibérément le son pour vaquer à des occupations qui nous intéressent davantage.»

En résumé, selon le psychiatre:

1. On résout ses problèmes en actes et non en pensées.
2. Vous n’êtes pas le valet de vos soucis.
3. Les problèmes qui n’existent pas encore ne vous concernent pas.
4. La plupart de nos pensées ne méritent pas l’attention que nous leur accordons.

Source: Anti Stress du Dr David Gourion (éd. Marabout, 2022)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.