Danger des compléments alimentaires: quelques réflexes à avoir avant d’en prendre

L’Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses) multiplie ces derniers mois les alertes concernant les compléments alimentaires. Mais elles sont de plusieurs natures: véritables arnaques sur Internet, produits surdosés, plantes qui entrent en conflit avec certains traitements. Effectivement, Quand la pilule miracle au guarana pour perdre du poids vous envoie aux urgences, il y a de quoi douter de sa composition.

Attention aux achats sur internet

Pour Juliette Bloch, médecin à la tête de la direction des alertes et des vigilances sanitaires à l’Anses , il faut éviter d’acheter vos compléments alimentaires sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux. «Surtout les marques que vous ne connaissez pas, les produits exclusivement vendus sur Internet, sur des sites étrangers, avec des noms accrocheurs». Mais vous pouvez continuer à acheter vos compléments alimentaires habituels sur le site internet d’une parapharmacie ayant pignon sur rue, si c’est votre habitude. 

Un des principaux risques est d’être confronté à des produits adultérés, c’est-à-dire qui contiennent une substance cachée, vendus exclusivement sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux. «Les consommateurs avalent des compléments alimentaires, qu’ils croient à base de plantes, et à leur insu ils prennent du viagra, parfois en quantité importante!», explique Juliette Bloch. Par exemple, une cuillère à soupe d’un «miel aphrodisiaque», cela peut être l’équivalent à 4 comprimés de viagra!» Autre exemple: des pilules «minceur» à base de coupe-faim illégaux. Ainsi, Chewell, vendu sur Facebook, était composé d’un anorexigène interdit depuis 2010 pour risque cardiovasculaire et de phénolphtaléine, interdite depuis 1988 car cancérogène.

Se renseigner sur les étiquettes

Le Dr Bloch explique que «certains sels sont composés non pas de chlorure de sodium mais de chlorure de potassium». Ce sel, surnommé «de régime», est prisé par les patients souhaitant diminuer leur consommation quotidienne. «Ce n’est pas évident de remarquer que c’est du potassium car c’est vendu en supermarché sans aucune mise en garde. Or, c’est contre-indiqué pour des malades chroniques qui prennent certains traitements contre le diabète ou les maladies cardiaques». Avec un risque qui va d’une fatigue anormale à des troubles du rythme cardiaque, potentiellement mortels. Prenons aussi l’exemple de certaines personnes allergiques au pollen qui s’exposent à des risques potentiellement mortels s’ils consomment des produits de la ruche alors que ce n’est pas forcément marqués en gros sur le paquet.

Ne pas hésiter à poser des questions à votre médecin

«D’une manière générale, il faut savoir que les compléments alimentaires ne sont pas systématiquement contrôlés, ni pour la concentration de produits, ni pour leur qualité», reprend Juliette Bloch. «Or, ils peuvent être contre-indiqués soit du fait de la santé de la personne, soit du fait de son traitement.» Ainsi, certains produits qui contiennent de la vitamine K ne font pas bon ménage avec les anticoagulants. «Le mieux, c’est, avant de prendre des compléments alimentaires, d’en parler à son médecin afin qu’il regarde attentivement la composition», assure l’épidémiologiste. Et surtout, si vous avez des effets indésirables, à lui en parler immédiatement. Elle regrette que «les gens ne pensent pas forcément que les plantes peuvent interagir avec les médicaments et les généralistes n’ont pas toujours le réflexe de poser la question».

Comme on lit le journal, lire les alertes de l’Anses

C’est un conseil destiné surtout aux personnes qui consomment régulièrement des compléments. Voilà pourquoi se rendre sur le site Vigil’Anses, où l’Anses publie régulièrement les dernières alertes qui remontent du terrain, vous permet d’être au courant des dernières découvertes. Qui pourrait soupçonner le curcuma, vanté pour ses propriétés digestives, anti-inflammatoires et antioxydantes, d’être responsable de certaines hépatites? Et pourtant, en juin 2022, l’autorité avait reçu pas moins de 100 signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires contenant du curcuma ou de la curcumine, dont 15 hépatites. Une autre alerte, datant de 2021, se penchait sur la cannelle. Car prise à fortes doses, la coumarine, contenue dans la cannelle, présente également un risque de toxicité pour le foie.

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