Symbole du savoir-faire français, la marque aux verres incassables connaît un nouveau tournant. Après cinq redressements judiciaires en deux décennies, l’entreprise emblématique trouve enfin un repreneur déterminé à lui redonner son éclat d’antan. Une page se tourne pour les ouvriers de La Chapelle-Saint-Mesmin.
Une reprise in extremis orchestrée par Xavier Niel
Le tribunal de commerce a tranché en faveur de Cédric Meston, épaulé financièrement par l’entrepreneur Xavier Niel. Cette décision permet de sauvegarder cent cinquante-cinq postes sur les deux cent vingt que comptait l’effectif total.
La collaboration entre l’État et les collectivités territoriales a joué un rôle déterminant dans ce sauvetage. Les pouvoirs publics se sont mobilisés pour éviter la fermeture du site historique situé dans le Loiret.
Silham El Kasmi aux commandes d’un nouveau projet
La direction générale est désormais confiée à Silham El Kasmi, forte d’une solide expérience acquise au sein de grands groupes internationaux. Sa mission s’annonce ambitieuse : redresser la barre tout en préservant l’ADN de la marque.
L’engagement pris devant les instances est clair : aucun licenciement économique ne sera effectué pendant deux années. Les salariés non retenus bénéficieront quant à eux d’un accompagnement personnalisé pour leur reconversion professionnelle.
Le poids de la crise énergétique
L’explosion des coûts de l’énergie avait lourdement pesé sur la trésorerie de l’entreprise, précipitant son cinquième passage devant les juges en vingt ans. Cette vulnérabilité face aux fluctuations tarifaires a révélé l’urgence d’une transformation profonde.
16 millions pour une transition écologique
Un investissement colossal de 16 millions d’euros est prévu pour moderniser l’outil de production. L’objectif principal : abandonner le four à gaz actuel au profit d’un four électrique à l’horizon 2029.
Cette transition énergétique s’inscrit dans une démarche environnementale plus large. La réduction des émissions polluantes et l’intégration accrue de matériaux recyclés figurent parmi les priorités affichées.
Séduire une nouvelle génération de consommateurs
Au-delà des aspects techniques, le renouveau passe aussi par l’esthétique. Les designs seront rafraîchis pour correspondre aux attentes contemporaines, sans pour autant renier la robustesse légendaire qui a fait la renommée de la marque.
Des collections inédites sont programmées pour 2027, pensées spécifiquement pour capter l’attention d’une clientèle plus jeune. Le pari est audacieux : moderniser sans dénaturer.
Le made in France comme étendard
Malgré les mutations en cours, un principe demeure intangible : la fabrication restera 100% française. Cette exigence constitue un atout commercial majeur dans un contexte où la provenance des produits devient un critère d’achat déterminant.
Entre tradition et innovation, Duralex s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire centenaire. Les défis restent nombreux, mais l’espoir renaît dans les ateliers du Loiret.



